Les difficultés alimentaires chez le nourrisson et l’enfant

Les difficultés alimentaires du nourrisson et du petit enfant sont fréquentes mais peuvent s’améliorer avec de simples conseils.

Les difficultés alimentaires chez l’enfant de moins de 3 mois

Dans les premiers mois de vie, les enfants peuvent être très agités et c’est ce qu’on appelle les coliques.

Ils ont un trouble des états émotionnels et parfois, dans ce contexte, il peut y avoir des difficultés alimentaires.

À ce moment-là, l’enfant a du mal à manger, s’énerve, pleure lors des biberons, après les biberons, et finalement, il n’y a pas de retentissement sur la croissance et donc on ne s’inquiète pas.

Parfois, on peut aussi donner quelques conseils aux parents pour changer la tétine afin d’améliorer aussi les prises de biberon.

Les quelques changements de lait aussi peuvent améliorer la situation.

L’enfant qui ne mange pas assez : un problème ?

Que cela soit dans les premiers mois de vie ou plus tard, certains enfants mangent de faibles quantités.

Certains enfants, dès les premiers mois de vie, ne mangent pas les quantités qui sont indiquées sur les boîtes de lait.

Ceci n’est pas grave si l’enfant a une croissance tout à fait normale, un examen clinique normal et un très bon développement psychomoteur.

Il est très important de ne pas forcer l’enfant à finir ses biberons.

Il en est de même pour l’enfant plus grand qui mange une alimentation solide et qui ne finit pas son assiette.

Le sevrage de l’allaitement maternel

Le sevrage, l’arrêt de l’allaitement maternel peut être une période très difficile à vivre, à la fois pour l’enfant et pour la maman.

L’enfant refuse le biberon. Et il est difficile pour la maman de savoir comment s’en sortir.

Aussi, je pense qu’il est très important de se faire accompagner par un professionnel de santé parce qu’il y a un certain nombre de petits conseils qui pourront être donnés pour que cela se passe le mieux possible.

Une diversification difficile

La diversification, c’est-à-dire l’introduction des aliments solides autres que lactés, peut parfois être effectivement compliquée chez les enfants. On commence généralement à quatre mois et c’est une période où l’enfant peut encore avoir des difficultés à accepter la cuillère.

Il faut savoir que de proposer une cuillère parfois un petit peu plus petite ou de laisser l’enfant essayer de mettre en bouche par lui-même peut parfois améliorer la situation.

Si la diversification est difficile ou impossible au-delà de six mois, il est très important d’en parler avec votre médecin ou un professionnel de santé.

Introduction des aliments solides difficile

L’introduction des morceaux doit être faite déjà en fonction des capacités de l’enfant.

L’enfant doit pouvoir avoir un bon développement psychomoteur et tenir assis si on veut introduire des aliments solides tels que le pain ou les petits gâteaux.

Si cela est difficile, il faut effectivement se poser des questions, savoir si déjà l’enfant a passé les étapes avec une possibilité d’accepter les textures un peu plus épaisses.

Si l’introduction des textures un peu plus épaisses est déjà difficile, l’introduction des morceaux à la main avec le pain, les gâteaux, les petits morceaux de légumes se passera mal.

Ou alors certains enfants peuvent avoir du mal avec des textures qui sont appelées bi-textures, c’est-à-dire des morceaux de pâte par exemple dans une purée.

Il est important d’en discuter là encore avec un médecin ou un professionnel de santé, car il y a un grand nombre de conseils à pouvoir donner et parfois, une prise en charge adaptée avec une orthophoniste peut être nécessaire.

La néophobie physiologique

Vers l’âge de 18 mois, apparaît une phase normale du développement qui s’appelle la néophobie alimentaire et qui est la peur de goûter de nouveaux aliments.

Cette période est donc physiologique. Elle peut durer parfois jusqu’à l’âge de six ans et c’est l’âge où effectivement les enfants commencent à sélectionner les aliments, avec notamment une sélection pour les fruits et les légumes.

Ce qui est important, c’est de continuer à proposer les aliments que l’enfant ne veut pas goûter, à ce qu’il puisse les voir sur la table, à faire des repas qui sont familiaux, à continuer à lui proposer et surtout ne pas le forcer.

Quand l’enfant ne veut pas goûter, il est quand même très important de ne pas prolonger les repas ou vouloir faire de la distraction pour que l’enfant mange plus, ou goûte plus. Le plaisir doit rester primordial, mais vraiment primordial et on en oublie parfois ce plaisir parce qu’on a peur que l’enfant ne grossisse pas.

Donc il est vraiment extrêmement important de continuer à manger ensemble et que l’enfant garde du plaisir sans se sentir forcé.

En résumé

En résumé, la première chose est qu’il ne faut pas s’inquiéter lorsque l’enfant mange de petites quantités, mais a une croissance normale.

En cas de difficultés de sevrage, de diversification, d’introduction des morceaux, il est nécessaire de consulter un professionnel de santé afin d’avoir des conseils.

La néophobie alimentaire qui est la peur de goûter de nouveaux aliments, est un phénomène normal du développement de l’enfant qui apparaît à partir de l’âge de 18 mois et peut durer jusqu’à l’âge de six ans.

Ce qui est le plus important dans les difficultés alimentaires à retenir, c’est qu’il ne faut jamais forcer un enfant et que le plaisir alimentaire est vraiment primordial.

Pour en savoir plus, vous pouvez télécharger My MICI Book sur le site du CREGG.

Le Dr Garcette, gastro-entérologue pédiatre à Paris, vous livre tous ses conseils pour mieux comprendre les difficultés alimentaires chez le nourrisson et l’enfant.