Le reflux gastro-œsophagien est la remontée anormale d’acide chlorhydrique dans l’œsophage, acide chlorhydrique sécrété par votre estomac de façon complètement physiologique. Il s’agit donc d’un problème anatomique lié à un défaut de fermeture du bas de votre œsophage.
Pour y répondre, pendant longtemps, le traitement a été une correction chirurgicale de ce problème anatomique. La chirurgie anti-reflux, qui a été faite jusqu’aux années 90 quasiment systématiquement, consistait à resserrer le bas de l’œsophage en faisant ce qu’on appelle une fundoplicature, c’est-à-dire en prenant une partie du fundus, du corps de l’estomac, et venir prendre en écharpe le bas de l’œsophage pour le resserrer. C’est une intervention assez lourde qui, antérieurement, se faisait par une grande cicatrice qu’on appelait laparotomie, maintenant des petites cicatrices par cœlioscopie, ce qui en a réduit la morbidité, le risque. Mais ça reste une chirurgie invasive.
Les bénéfices de cette chirurgie sont assez bons à court terme, mais son effet, en plus, se perd un peu avec le temps. Cette chirurgie a aussi des effets secondaires. Lorsque la valve est un peu trop serrée, à peu près 15 % des patients décrivent soit une difficulté au passage des aliments, soit, plus gênant, une difficulté à éructer, c’est-à-dire à roter. Cette difficulté à éructer peut entraîner une pesanteur. Nous appelons ça une dyspepsie, liée à la distension de l’estomac après les repas notamment.
Des alternatives à ce traitement chirurgical ont été, dans un premier temps, un traitement médical que l’on connaît très bien. On appelle ça les IPP, ou inhibiteurs de la pompe à protons, que l’on donne de façon très diffusée depuis les années 90.
Alors, y a-t-il une alternative à cette correction chirurgicale du trouble qui entraîne le reflux gastro-œsophagien ? Eh bien oui. Le traitement médical qu’on appelle les inhibiteurs de la pompe à protons a été développé à la fin des années 90, qui a révolutionné la prise en charge du reflux. Ce traitement consiste à baisser le taux d’acidité, d’acide chlorhydrique sécrété par l’estomac. En abaissant ce taux d’acide chlorhydrique, l’exposition de l’œsophage à l’acide est moindre et permet la résorption des symptômes. Ce traitement a été très décrié ces dernières années et, comme vous le verrez sur d’autres vidéos que nous avons faites au sein du CREGG et d’autres sociétés savantes, il est très bien toléré et il ne faut pas en avoir peur si votre indication est bien posée.
Enfin, ces dernières années, devant ces réticences au traitement médical, le milieu gastro-entérologique a essayé de développer par voie endoscopique des traitements du reflux. Les données sur le traitement endoscopique du reflux sont plus récentes et nous avons moins de recul. Ce traitement endoscopique consiste à entraîner un rétrécissement du bas de l’œsophage en opérant la muqueuse du bas de l’œsophage, soit en la retirant et en entraînant un phénomène de cicatrisation, soit en la brûlant. On parle de ARMS ou ARMA, mucosectomie ou plasma d’argon. Ces traitements donnent de bons résultats à court terme, avec près de 70 % qui arrêtent les IPP, les inhibiteurs de la pompe à protons. Mais par contre, on n’a aucune donnée à long terme, puisque cette technique remonte à quelques années uniquement. Les risques de ce traitement endoscopique que sont ARMS et ARMA sont assez faibles, avec essentiellement un rétrécissement un peu trop fort qu’on appelle sténose, une perforation qui survient assez rarement, dans moins de 2 % des cas, et des hémorragies qui peuvent être retardées par rapport au geste lui-même. Si elles surviennent pendant le geste, elles sont prises en charge lors de l’endoscopie. Si elles surviennent secondairement, quelques jours après, elles peuvent justifier une nouvelle fibroscopie pour aller cautériser le saignement.
Votre reflux gastro-œsophagien, s’il l’impose, doit être traité. Aujourd’hui, le traitement repose essentiellement sur le traitement médical par les IPP, et vous devez en discuter avec votre gastro-entérologue si vous avez envie d’interrompre ce traitement-là, car l’interruption du traitement n’est pas sans risque. Il existe donc des alternatives endoscopiques ou chirurgicales au traitement par IPP si vraiment vous êtes réticent à prendre ce traitement au long cours. Mais, encore une fois, je vous rassure sur l’innocuité relative de ces traitements par IPP.
Faut-il opérer un reflux gastro-œsophagien ou existe-t-il d’autres solutions ? Le Dr David Karsenti passe en revue dans cette vidéo les différents traitements possibles, de la chirurgie aux médicaments en passant par les techniques endoscopiques.