Tout organe a une fonction. Il est donc logique de s’interroger, avant de retirer cet organe, sur la nécessité de conserver cette fonction.
La cholécystectomie est un geste simple qui consiste à retirer la vésicule biliaire. C’est une intervention presque banale, qui se fait aujourd’hui par cœlioscopie, c’est-à-dire par de petits trous pratiqués sur la paroi abdominale. Auparavant, elle se faisait par une grande ouverture sous-costale, qui rendait l’intervention plus lourde.
Mais quel est le rôle de la vésicule ? La vésicule a uniquement un rôle de stockage. La bile, sécrétée par le foie, coule par la voie biliaire principale jusqu’au tube digestif. La vésicule est donc un organe de stockage branché sur le côté de la voie biliaire, dans lequel est stockée la bile. Au cours des repas, la vésicule se contracte sous l’effet de la cholécystokinine, une hormone qui entraîne cette contraction vésiculaire, et l’afflux de bile rejoint le tube digestif pour se mélanger aux aliments. La bile permet donc l’élimination du cholestérol et des produits de dégradation de la bilirubine, et favorise également l’absorption des graisses dans le tube digestif.
Étant donné que le foie sécrète la bile, on ne peut pas vivre sans foie ; en revanche, on peut parfaitement vivre sans vésicule.
Alors, que se passe-t-il lorsqu’on n’a plus de vésicule ? Il se produit un phénomène d’adaptation. Le réservoir n’étant plus présent, la voie biliaire principale sur laquelle est branchée la vésicule finit petit à petit par se dilater, et cette dilatation permet de compenser l’absence de vésicule.
Quels sont alors les effets secondaires potentiels de l’absence de vésicule ? Les sels biliaires arrivent de façon moins rythmée au tube digestif lorsque la vésicule n’est plus présente. Mais ce phénomène s’estompe avec le temps, le temps que la voie biliaire se dilate progressivement. Dans un premier temps, les sels biliaires arrivent au tube digestif sans aliment et atteignent le côlon, entraînant un effet dit cathartique sur celui-ci, avec une tendance à la diarrhée et aux ballonnements, qui sont les effets secondaires possibles à la suite d’une cholécystectomie. Ces effets secondaires sont donc temporaires et fugaces : ils durent en général quelques semaines et peuvent éventuellement être compensés par des traitements.
En conclusion, la vésicule n’est qu’un organe de stockage, qui a bien une utilité puisqu’il se contracte au moment des repas. Mais en cas d’absence de vésicule, l’organisme s’adapte. La seule question à se poser n’est donc pas « Vais-je vivre correctement sans vésicule ? » — la réponse est oui — mais plutôt « Dois-je vraiment me faire opérer de la vésicule ? ». Pour cela, je vous engage à consulter votre gastro-entérologue ou votre chirurgien afin de prendre leur avis sur l’indication de la cholécystectomie.
Peut-on vivre normalement sans vésicule biliaire, et l’opération est-elle vraiment nécessaire ? Le Dr David Karsenti vous éclaire sur le rôle de cet organe et sur les bonnes questions à se poser avant une cholécystectomie.